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Pierre CHOUKROUN, pour quelles raisons vous êtes-vous
installé en Pomerol ?
Le
Pomerol est pour moi chargé de souvenirs et d'émotions
d'enfance puisque j'ai habité la région
jusqu'à l'âge de 14 ans. Je me rappelle
avoir battu la campagne avec mes copains à la
recherche de figues sauvages à déguster
directement sur l'arbre ou encore de journées
détentes passées en famille au bord de
l'océan
Puis les circonstances de la vie
m'ont amené à quitter ces terres et à
me rapprocher des buildings et du bitume. Mais si j'avais
pris un peu de distance, mes racines et mon coeur étaient
restés ici. Donc, après quelques années
passées à jouer le businessman, j'ai choisi
de venir me ressourcer entre Pomerol et St-Emilion et
d'y développer une activité qui me corresponde...
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Comment est née
votre passion pour la viticulture ?
Ma passion du vin est
d'abord anecdotique car dans mon petit jardin parisien
j'avais un vieux pied de vigne qui donnait peu de raisin
A force d'amour et d'attention, de ce cep sont nées
de belles grappes juteuses mais aussi l'idée
de m'investir plus avant dans l'aventure de la viticulture.
C'est ainsi que je me suis inscrit à une formation
en viticulture / oenologie et que j'ai obtenu mon diplôme
en 1998. Puis, j'ai trouvé une petite parcelle
de vigne à Pomerol, le plus prestigieux vignoble
du monde, sur laquelle j'ai créé une exploitation
Château La Fleur de Plince AOC Pomerol sur 28
ares, soit la plus petite exploitation de l'AOC. En
tant que fin gastronome et épicurien, concevoir
un vin à Pomerol, c'est tutoyer les anges
Puis ce fut cette terre en Côtes de Castillon
sur laquelle j'ai implanté le Château La
Fleur Haut Brisson AOC Côtes de Castillon. Mais
produire un vin est une activité exigeante où
il faut vivre au rythme de la nature, tout en profitant
de chaque moment. Il faut être attentif et à
l'écoute de sa vigne car chaque pied est unique
et demande un traitement adapté selon sa forme,
son âge et ce qu'on veut qu'il nous donne. Je
suis très attaché à l'agriculture
biologique, aussi je n'utilise que des produits bio
comme le cuivre et le souffre et seulement quand la
vigne en a besoin. Ma véritable récompense,
c'est ce raisin toujours différent d'une année
sur l'autre suivant le niveau d'ensoleillement, le nombre
de jours de pluie ou de froid
Une bouteille de
ce nectar, c'est en fait deux ans de bons soins et de
macération.
Pouvez-vous
décrire votre région en quelques mots
?
Ici, tout est agréable : le climat, les spécialités
culinaires, la mer, la campagne, les bons produits du
terroir, les couleurs, les senteurs
et les gens,
qui, si vous prenez le temps de les écouter,
vous feront partager leur culture du bon vivre
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